Tout savoir sur la submersion marine 2/3

Submersion marine
Lundi 18 mai 2015




Submersion marine, augmentation du niveau de la mer, risques accrus d’inondation… Ces termes anxiogènes, les habitants des zones côtières les lisent ou les entendent souvent. Quelle réalité concrète recouvrent-ils ? Deuxième volet de notre série d’articles consacrée au risque d’inondation par la mer.

La submersion marine, c’est quoi ?


C’est l’inondation, par la mer et dans des conditions météorologiques extrêmes, des zones côtières.

C’est nouveau ?

Non, la mer a toujours été source d’inondations. Pour que cela arrive, trois phénomènes naturels doivent avoir lieu en même temps :

Une marée de vives eaux.- Il s’agit d’une grande marée, voire, plus exceptionnellement, d’une  « marée du siècle ». Cet épisode survient lorsque la lune, la terre et le soleil se trouvent parfaitement alignés, ce qui arrive deux fois par mois.

Une tempête.- En soufflant, le vent augmente mécaniquement le niveau de la mer. On parle alors de surcote marine.

Une forte houle.- Lors d’une tempête, l’effet de houle agit comme un amplificateur du phénomène d’élévation du niveau de la mer.

L’effet bouleversement climatique

Ce qui est bel et bien nouveau en revanche, c’est l’effet du réchauffement climatique sur le niveau de la mer. Le GIEC prévoit une augmentation de 60 cm à l’horizon 2100. Une échéance courte au regard de l’ampleur des travaux à effectuer pour protéger toutes les zones côtières urbanisées !

Secteurs d’enjeux à Dunkerque

Dans l’agglomération dunkerquoise, la digue de Malo est l’un des secteurs les plus exposés au risque de submersion marine (lire l'encadré "8 mètres" un peu plus bas). C’est autour de la place du Centenaire, derrière le Kursaal, que se concentrent les fragilités. Les travaux menés à quelques encablures par les Belges dans la ville d’Ostende pourraient constituer un exemple à suivre.

Autre point majeur de fragilité : la digue des Alliés. Une rupture de cet ouvrage occasionnerait des inondations au moins comparables à celles de 1953…

8 mètres

A Dunkerque, la tempête de 1953 a généré 2,40 m de surcote. A cela s’est ajouté l’effet de houle. Si bien qu’alors que le niveau théorique de marée était prévu à 5,50 m, en réalité, ce jour-là, la mer a atteint un niveau de 8 mètres. La digue des Alliés a cédé. En 2009, la mer du Nord a aussi atteint un niveau de 8 mètres à Dunkerque. Mais les travaux de consolidation de la digue se sont avérés efficaces.

1953 : quand la mer (du Nord) monte

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953 souffle une violente tempête. La mer du Nord inonde alors une partie des côtes anglaises, françaises, belges et hollandaises. Aux Pays-Bas, plus de  1 800 personnes trouvent la mort ; 160 000 hectares de terres sont inondés. Cet épisode de submersion marine servira de déclic au renforcement de toutes les digues le long de la Mer du Nord. Conscients de l’enjeu, les Pays-Bas développeront un savoir-faire inégalé dans le domaine de la protection de leurs côtes et polders.

Si vous ne parvenez pas à visionner la vidéo ci-dessous, cliquez sur ce lien.

Rendez-vous la semaine prochaine sur Urbislemag pour découvrir le dernier volet de notre série consacrée à la submersion marine et plus spécifiquement aux différents moyens de lutter contre ce risque majeur.



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