Nancy : la 3D pour attirer les belles enseignes

Commerce
Lundi 09 janvier 2017

Cet ancien cinéma a été doté d'une verrière... qui n'existe pas encore. De quoi donner des idées à un potentiel investisseur !




Avec ses 104 000 habitants, Nancy est de ces villes moyennes qui tirent leur épingle du jeu en matière commerciale. Sa situation géographique privilégiée – elle n’a guère de concurrente sérieuse dans sa vaste zone de chalandise de 650 000 habitants – ne la dissuade pas d’innover pour attirer les belles enseignes qui lui font défaut. Urbis le mag vous fait découvrir aujourd’hui un outil de prospection économique original développé par l’agence de développement et d’urbanisme de l’aire urbaine nancéienne (ADUAN).

La compétence commerce est généralement jalousement conservée par les municipalités, pour des raisons stratégiques évidentes. A Nancy, la situation échappe à la règle puisque la Ville travaille en étroite collaboration avec l’ADUAN, chargée de l’observation des linéaires commerciaux, de la veille réglementaire, de l’analyse de l’évolution des comportements d’achat et aussi de la prospection commerciale.

« Avec le manager de centre-ville, nous identifions les enseignes très qualitatives que nous souhaitons voir s’implanter et nous faisons tout pour y arriver », résume Priscilla Pierre, directrice générale adjointe de l’ADUAN.

Des années de travail

Dit comme cela, la chose a l’air simple mais il s’agit en fait d’un travail de longue haleine que tous les professionnels du commerce connaissent bien. Entre le moment où une enseigne est repérée, contactée et celui d’une possible ouverture, de longs mois s’écoulent, voire des années. Pour mettre toutes les chances de son côté, l’ADUAN a développé un outil inspirant.


« Nous disposons de bâtiments remarquables au cœur de la métropole. Ces derniers sont généralement bien situés mais atypiques. Pour une enseigne, il peut être difficile de s’y projeter. Par exemple, l’ancien immeuble du quotidien régional L’Est républicain (photo ci-contre), juste en face du grand magasin Le Printemps. Ou encore, l’ancien cinéma Rio, un bâtiment de 2 000 m² datant du XVIII ème siècle, situé rue Saint-Dizier, soit à deux pas de la place Stanislas… », indique Priscilla Pierre.

Déclencher le coup de cœur

Alors, pour déclencher le coup de cœur des enseignes, l’ADUAN a eu l’idée de se servir d'une technologie largement utilisée par les architectes pour donner à leurs projets un aspect séduisant et concret : l’image de synthèse.

Fabriqués par Archimade, la junior entreprise de l’Ecole d’architecture de Nancy, des visuels 3D permettent en effet d’imaginer différents usages commerciaux possibles dans un bâtiment et de cibler certaines enseignes. Dans l’immeuble de L’Est républicain, l’implantation d’une célèbre enseigne de café est jugée idéale.

« Sur les images de synthèse, l’espace est donc aménagé selon les codes propres à cette enseigne. Pour la marque ciblée, l’impact est très fort, la projection immédiate. Elle voit immédiatement ce qu’il est possible de réaliser dans le lieu qui lui est proposé… »

L’architecte des bâtiments de France est de la partie


L’ADUAN va encore plus loin en travaillant main dans la main avec l’architecte des bâtiments de France pour proposer des aménagements ambitieux. C’est le cas pour l’ancien cinéma de la rue Saint-Dizier.

Sur les images virtuelles, le bâtiment historique est doté d’une belle verrière et de poutrelles métalliques qui n’existent pas encore. Le message envoyé aux enseignes est clair : ces travaux sont réalisables.

Des résultats concrets

Bien que récente, l’utilisation de visuels 3D par l’ADUAN a rapidement déclenché l’intérêt de grandes enseignes et des visites sur le territoire. Elle compte aussi une belle réussite à son actif : l’ancienne Poste du Grand Nancy, restée vide une dizaine d’années, a retrouvé un occupant !

« Les enseignes que nous contactions ne voyaient pas ce qu’il était possible de faire dans ce lieu. De notre côté, nous voyions clairement le potentiel pour une salle de sport et un restaurant. Nous avons créé des images en ce sens. Après un premier contact au Mapic de Cannes (le salon commercial de référence en France) en 2014, l’enseigne Basic Fit a ouvert dans l’ancienne Poste à l’été 2016.

Et pour permettre aux enseignes de regarder autrement les vastes volumes vacants de l’espace Maginot (ex magasin Darty), un film de près de trois minutes vient d’être réalisé. « Nous mettons l’accent sur le développement de concept-stores et de magasins multimarques », précise Priscilla Pierre. Affaire à suivre…

 

Rendez-vous sur le site de l’ADUAN pour découvrir les six lieux dans le cœur de la métropole du Grand Nancy pour lesquels l’imagerie de synthèse a été utilisée.

L'auteur

Journaliste spécialisée dans les questions urbaines, Vanessa Delevoye est la rédactrice-en-chef d'Urbis le mag.

Mots clés : Commerce  innovation  attractivité  centre-ville  enseignes  


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