Eolien off-shore : Dunkerque se positionne 1/3

Energie
Lundi 13 avril 2015




Mi-mars, l’Etat lançait une nouvelle procédure d’identification de zones propices à l’accueil d’éoliennes en mer. Pour la toute première fois, Dunkerque se portait candidate. Quels sont les enjeux de l’éolien off-shore pour le territoire ? Urbislemag consacre une série de trois articles à ce sujet d’actualité.

Interview

Daniel Grondin, ingénieur-projets à l’agence de développement économique Dunkerque Promotion, pilote le dossier des éoliennes off-shore dunkerquoises depuis 2013. Il fait le point sur l’évolution du contexte dunkerquois, les étapes à franchir et les créations d’emplois attendues localement.

« Pourquoi Dunkerque dégaine-t-elle après d’autres territoires, comme Saint-Nazaire par exemple ?

Pendant longtemps, la sphère politique a fait preuve d’une certaine frilosité à l’idée d’accueillir des éoliennes off-shore au large de nos côtes. A partir de  l’été 2014, un nouvel élan a été enclenché dans la perspective du troisième appel d’offre de l’Etat. La candidature de Dunkerque est devenue un projet de territoire porté par la Communauté urbaine de Dunkerque, le Conseil régional, le Grand Port maritime et Dunkerque promotion.  Aujourd’hui la position est claire : Dunkerque veut accueillir une filière de construction ainsi que des éoliennes off-shore au large des côtes. Et elle s’en donne les moyens.

Il est important aussi de préciser que lors des précédents appels de l’Etat, en 2011 puis en 2013, nous n’avions pas l’accord de la Préfecture maritime. En mai 2014, nous avons donc commandé une étude de sécurité maritime. Celle-ci a permis de lever les doutes qui pouvaient subsister dans différents domaines : caractérisation du trafic, connaissance des autres usagers de la mer, évaluation du risque d’accident etc. Les  vents,  les marées et les courants ont aussi été minutieusement étudiés.


Que va-t-il se passer maintenant ?

Nous sommes mobilisés et faisons du lobbying intensif pour notre candidature. La balle est dans le camp de l’Etat désormais. Celui-ci devrait rendre son avis rapidement, sans doute durant l’été. Si l’Etat place Dunkerque dans les zones agréées pour l’implantation d’éoliennes off-shore, une deuxième phase, celle de l’appel d’offre,  va s’enclencher. Des entreprises privées vont se positionner.

Plusieurs bureaux d’études et des énergéticiens de taille mondiale sont déjà très intéressés par le potentiel projet dunkerquois. Ces entreprises vont se regrouper, de manière à constituer des consortiums, pour engager une phase de dialogue compétitif avec l’Etat. A terme, l’Etat choisira l’un des consortiums en lice.

Sur quelles bases s’effectuera ce choix ?

Les critères de notation de l’Etat sont déjà connus : 40% de la note sera fonction du prix de vente de l’électricité produite ; 40% dépendra des retombées locales générées et 20% sera déterminé par les actions prévues en matière de préservation de l’environnement.

Quel est votre rôle là-dedans ?

En tant que pilote régional de Windustry*, je m’occupe de la partie « retombées locales ». Car le but de tout ceci consiste évidemment à générer un maximum d’emplois pour les entreprises du Dunkerquois et de la région Nord – Pas-de-Calais.

Le chantier du terminal méthanier a fait couler beaucoup d’encre, comment éviter les travailleurs détachés ?

S’agissant de l’éolien en mer, des engagements forts sont pris par les entreprises qui candidatent et donc, quand je parle de retombées locales, je parle bien d’emplois pour les habitants. Mon travail consiste justement à sensibiliser dès maintenant les PME locales et régionales, à les inciter à y aller. Une dizaine de PME dunkerquoises sont déjà positionnées sur un total de 83 PME régionales. L’Etat a mis en place un système d’accompagnement important pour permettre aux PME qui le souhaitent de se former et de se qualifier pour être en mesure de travailler dans le domaine de l’éolien off-shore.

Vous y croyez dur comme fer ?

Oui, j’y travaille depuis longtemps et j’en suis sûr, l’éolien off-shore représente une chance à saisir absolument pour Dunkerque. »

*Windustry, c’est quoi ?

Windustry, c’est le nom du cluster français de l’industrie éolienne terrestre et maritime. « Notre mission consiste à inciter les entreprises à se tourner vers le marché de l’éolien. Nous les accompagnons dans leur diversification vers ce secteur d’activité », explique Daniel Grondin qui pilote de la démarche au niveau régional. Il faut dire que le marché est porteur : ce sont des milliers d’emplois – dans les domaines de la chaudronnerie, de la plasturgie ou encore de la logistique – qui seront créés dans les années qui viennent par l’éolien off-shore. A Dunkerque, Windustry Nord – Pas-de-Calais soutient la candidature du lycée de l’Europe qui souhaite accueillir, à la rentrée 2016, un BTS Maintenance de système éolien.



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