Dunkerque : du lin pour créer des emplois

Emploi
Lundi 16 mars 2015




Trouver des filières d’avenir pour créer des emplois localement, c’est l’ambition des Etats généraux pour l’emploi lancés par la communauté urbaine de Dunkerque. Parmi les filières d’avenir identifiées figure le lin, une culture millénaire aux possibilités techniques novatrices et écologiques.

Constituée d’un producteur de semences, de sept teillages, d’une filature, d’un négociant et d’un bureau d’études, la filière du lin emploie actuellement 240 personnes autour de Dunkerque (à Killem, Hondschoote, Quaëdypre, Hardifort, Bourbourg…).

« Une fibre naturelle incroyable »

Arnaud Baude est l’un des associés du bureau d’études Texilis, créé en 2011 et exclusivement spécialisé dans le lin. Pour lui, cette fibre naturelle ne présente que des avantages : « En rotation tous les 7 ans avec d’autres cultures, le lin régénère les sols : les années qui suivent, les productions de blé sont bien meilleures. Chaque partie de la plante peut être utilisée, c’est une culture qui ne produit aucun déchet et ne nécessite pas non plus d’arrosage. C’est une fibre naturelle incroyable, un débouché d’avenir qui me passionne et en lequel je crois profondément ».

C’est dans le domaine de la recherche et du développement que se joue l’avenir du lin. Car si actuellement, ses débouchés sont à 90% textiles (mode, linge de maison, ameublement…), les 10% qui restent sont, eux, dévolus à des produits dits techniques (utilisés dans le bâtiment, les transports, le secteur du sport et des loisirs, le design etc.). Un pourcentage qui ne demande qu’à croître…

Arnaud Baude estime que le nombre d’emplois dans la filière pourrait facilement augmenter d’un tiers si on développait localement un projet industriel autour du lin. « Le seul frein réel à l’utilisation du lin aujourd’hui, c’est son prix. Mais une augmentation des volumes de production des produits dérivés du lin ferait baisser le prix rapidement », estime-t-il.

Le lin pour imprimer en 3D


Texilis a mis au point un fil d’impression 3D à base de lin. Via une imprimante 3D, ce fil permet de fabriquer des pièces de dimensions définies, précises et uniques d’une résistance comparable au plastique.

Texilis, son bureau d’études, développe de nouveaux produits à base de lin : un revêtement mural, une bâche support d’impression utilisée sur des stands…

Dernière innovation en date : une bobine de fil naturel utilisable par des imprimantes 3D. « De quoi fabriquer des objets très divers. Des coques de téléphone par exemple. L’intérêt étant que ces objets ne comportent aucune trace de pétrole et sont aussi résistants que le plastique ».

Arnaud Baude travaille aussi sur divers champs d’applications avec des entrepreneurs. Du bout des lèvres, il consent à évoquer une nouvelle technique d’isolation et une application dans le domaine de la santé mais sans en dire davantage, secret industriel oblige.

La France : premier producteur de lin

Avec ses 166 500 tonnes produites chaque année, la France est le leader mondial du lin. Quelque 67 688 hectares sont cultivés du Calvados en passant au nord de Paris jusqu’au Pas-de-Calais. Plus de 50 entreprises françaises sont spécialisées dans le tissage et le tricotage du lin.

 

Texilis à Coudekerque-Branche http://texilis.com/

La vitrine des bioproduits http://www.agrobiobase.com/fr

Site de la Confédération européenne du lin et du chanvre http://www.mastersoflinen.com/fre/celc/1-presentation



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