Contre les moustiques-tigres, adoptez une chauve-souris !

Biodiversité
Lundi 09 mai 2016

Deux spécimens d'oreillard roux, une espèce commune de chauve-souris en France.




Les atouts de la biodiversité se nichent parfois là où l’on ne s’y attend pas… Confrontée à la prolifération de moustiques-tigres, et à l’inefficacité avérée des traitements chimiques, la ville de Marmande (Lot-et-Garonne) ripostera de façon originale en installant, dans les jours qui viennent, une centaine d’abris à chauves-souris.

La chauve-souris, dont plusieurs espèces sont en voie de raréfaction dans de nombreuses régions françaises, est connue pour être une grande amatrice de moustiques – jusque 4 000 moustiques-tigres avalés par nuit selon les spécialistes les plus optimistes.

Appétit féroce

Daniel Benquet, le maire de Marmande, compte sur cet appétit féroce pour freiner la prolifération du  moustique-tigre, désormais durablement installé en France et susceptible de transmettre le paludisme, la dengue et le virus Zika : « L'été, les chauves-souris sortent quand la luminosité commence à chuter. On les voit d'ailleurs très bien virevolter. C'est le moment où les moustiques-tigres sont très virulents. Nous espérons simplement que les chauves-souris s'approprieront rapidement les nichoirs que nous allons installer ».

Chauve-souris discrète cherche abri pour la nuit


Pipistrelle commune.

D’autres actions sont aussi prévues et notamment une sensibilisation des habitants : la chauve-souris véhicule de nombreux clichés. Faux, pour la plupart. Loin d’attaquer les êtres humains pour leur sucer le sang ou s’accrocher à leurs cheveux, elle en a peur. Très discrète, elle recherche des lieux calmes et isolés pour hiberner durant l’hiver et s’abriter le jour le reste de l’année. Inciter les habitants à tolérer leur présence – en les laissant occuper des combles, de vieux bâtiments vides, des failles dans un mur – est un premier pas décisif dans la réapparition des chauves-souris en milieu urbain.

Blockhaus aménagés

Dans la région Hauts de France, les nombreux blockhaus fournissent des abris de choix aux chauves-souris. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs été spécifiquement aménagés dans le cadre du plan régional d’actions chiroptères (PRAC), un plan régional d’opérations menées en faveur des chauves-souris qui consiste à mener des études pour améliorer la connaissance des chauves-souris, protéger les espèces et leurs milieux de vie, mener des campagnes d’information auprès du grand public…

Chauve-souris, qui es-tu ?

La chauve-souris est le seul mammifère volant. Son nom scientifique – chiroptère – signifie d’ailleurs « qui vole avec les mains ».

Quelque 34 espèces de chauve-souris, toutes protégées par la loi, sont recensées en France. Quasi aveugles, elles se repèrent dans l’espace grâce à leurs cris (inaudibles pour l’homme), des ultra-sons qui, en rebondissant sur les sols et les obstacles, vont leur permettre de les éviter. Elles se nourrissent exclusivement d’insectes ce qui en fait un rouage majeur de la biodiversité.

L’espèce de chauve-souris la plus commune est la pipistrelle, qu’on voit souvent voler sous les lampadaires. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la coordination mammologique du nord de la France qui a mis en place un répondeur « SOS chauve-souris » pour renseigner les particuliers qui découvrent des chauve-souris chez eux.

L'auteur

Journaliste spécialisée dans les questions urbaines, Vanessa Delevoye est la rédactrice-en-chef d'Urbis le mag.



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