9 actions pour favoriser la biodiversité en ville

Biodiversité
Mardi 24 janvier 2017

C’est un paradoxe : la biodiversité s’épanouit parfois davantage en milieu urbain qu’à la campagne, la faute à l’appauvrissement des paysages ruraux – avec la disparition de nombreux milieux naturels – et à une agriculture grande amatrice de produits phytosanitaires. Urbis le mag vous propose 9 actions concrètes à mener à l’échelle d’un quartier pour rendre l’espace urbain encore plus accueillant et favoriser la diversification des espèces tant végétales qu’animales.

1.- Pratiquer la gestion différenciée des espaces verts

En ville, pas question d’entretenir de la même façon tous les espaces verts : certains endroits tolèrent un entretien minimal tandis que d’autres nécessitent plus de rigueur (taille, tonte…). Le parc et le parvis de la mairie n’ont en effet pas les mêmes fonctions. La gestion différenciée est aussi possible à l’échelle d’un petit jardin ou d’une cour : à vous de définir des zones où la nature pourra reprendre ses droits…

2.- Créer des cheminements pour les piétons… et les autres espèces !

Les voies réservées aux piétons ou aux cyclistes ont l’avantage de pouvoir être plantées d’espèces différentes, telles des essences indigènes produisant des baies appréciées des oiseaux par exemple.

3.- Aménager des parcs urbains

Ces vastes zones de nature constituent des zones d’une grande richesse pour la biodiversité. Elles permettent aussi de sensibiliser les visiteurs, par exemple par le biais de panneaux informatifs, à l’intérêt d’une plante, d’un hôtel à insectes, d’un arbre creux offrant un abri aux oiseaux cavernicoles (comme la chouette hulotte)…

4.- Préserver certaines dents creuses

Entre deux bâtiments, un espace vacant – aussi appelé dent creuse – est un réservoir de biodiversité potentiel. Ne vous étonnez pas de le voir envahi d’herbes folles : la nature s’empare du lieu et on la laisse faire, c’est volontaire !

5.- Réintroduire les arbres en ville

Mais pas n’importe quels arbres… Comme les tortues de Floride ont colonisé certains cours d’eau français, provoquant au passage la disparition d’espèces locales, les thuyas – qui représentent un intérêt restreint pour la biodiversité – ont fait des ravages en investissant massivement les jardinets.

En ville, il convient de privilégier des essences locales : celles-ci ont l’avantage de produire la nourriture dont sont justement friandes les espèces animales locales. Elles s’adaptent en outre facilement aux particularités climatiques de la région.

6.- Planter des vergers dans l’espace public

Planter des arbres fruitiers qui nourriront les insectes, les oiseaux et les hommes, l’idée est alléchante !

7.- Développer des jardins familiaux

En louant à prix réduits des terrains inoccupés à des habitants, la municipalité se décharge d’un coût – celui de l’entretien du terrain – et en imposant dans le règlement intérieur l’interdiction des produits chimiques, elle a l’assurance que la biodiversité sera favorisée.

8.- Utiliser des matériaux perméables

En imperméabilisant les sols, le bitume ne permet plus à l’eau de pluie de s’infiltrer naturellement. La bétonisation à outrance est la cause de nombreuses inondations. Des alternatives existent néanmoins : les dalles alvéolaires, les cailloux ou les caillebotis… des matériaux qui laissent passer l’eau.

9.- Gérer l’eau pluviale de façon naturelle

En ville, une logique a longtemps prévalu : celle d’évacuer le plus vite possible l’eau de pluie, par le biais des tuyaux et des bouches des égouts. On redécouvre aujourd’hui le pouvoir naturel de la terre à absorber l’eau. Des noues – de petits fossés – sont créées en ville pour permettre à l’eau de pluie d’y stagner quelques heures avant d’être progressivement absorbée par les sols.

En ville, vive les mauvaises herbes !


Le coquelicot fait son come-back dans les interstices urbains exempts de produits chimiques.

La prise de conscience est récente mais bien réelle dans la plupart des villes françaises : laisser pousser ici et là quelques herbes folles, c’est bon pour la biodiversité !

En permettant à une végétation spontanée de s’installer contre les murs, le long des trottoirs ou entre les interstices des pavés, c’est tout un micro écosystème qui voit le jour. Une plante est pollinisée par une abeille, quelques insectes s’installent, les oiseaux s’en nourrissent… 



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